Gazette des Sports Paris20

Éternel Capitaine Totti: Gladiateur oui, Mercenaire non

 

CHAMPIONNAT d’ITALIE-SERIE A- DERNIERE JOURNEE-28-05-20

Le milieu offensif Francesco Totti, à 41 ans, a finalement mis un terme à sa longue carrière. L’occasion de tourner une page mais aussi d'en feuilleter quelques-unes avec délectation. L’attraction de cette dernière journée du championnat italien venait essentiellement de Rome pour l'officialisation de la participation de l'A.S Roma à la Ligue des Champions, après sa victoire 4-1 sur la Sampdoria de Gênes, mais surtout pour la canonisation de Totti

Un Homme, Un Club.

Évoquer Francesco Totti, c’est évoquer l'A.S Roma indubitablement. Totti a évolué à tous les échelons du club. Totti a pu bénéficier autant de l'enthousiasme de la jeunesse à ses débuts, qu’à la légitimité liée à l'ancienneté. Ce cocktail a permis au club "giallorosso" de remporter le championnat en 2001, longtemps après le "Scudetto" de 1983 de la bande à Pruzzo et Conti.

Un Homme, Une Ville

Totti, c’est un pur romain.De sang, de cœur, de mentalité, de football. Dans la ville jadis dédiée aux jeux du cirque, Totti a redoré le blason du sport romain à travers le football, contestant la suprématie des grandes métropoles nordistes de la péninsule italienne. Totti, c’est l'éternel gamin de la Ville Eternelle. Totti et son accent "romanesco», Totti et son autodérision, Totti et sa frime parfois aussi.
Le talent de la Ville Éternelle
Totti, c’est l'art de galvaniser offensivement le milieu du terrain de son équipe.Totti,c'est son art de procéder à des ballons piqués, aussi bien pour adresser des caviars aux collègues que pour marquer sur un penalty osé en demi-finale de l'Euro 2000.Beaucoup de joueurs ont eu une image associée à la ville, à travers l'A.S Roma(Conti,Pruzzo,Batistuta,Giannini le petit prince de Rome) ou de sa rivale la Lazio(Chinaglia).Mais la popularité du Roi Francesco les a dépassés nettement.
Un Homme, Un Pays

Parler de Totti, c’est parler de l'Italie et de son équipe nationale. De l’Italie et de sa dolce vita, sur fond de cartes postales aux lasagnes et aux vespas. De la Squadra Azzurra en plusieurs étapes. D’un Euro 2000 mémorable. D’une Coupe du Monde 2002, marquée par sa colère  pour cause d'expulsion contre les sud-coréens. D’une Coupe du monde 2006, durant laquelle notre "romanista" a gagné le trophée suprême en résistant à ses blessures. En vrai gladiateur.

Merci Francesco pour cette brillante carrière

Francesco, que le monde du football te rende tout ce que tu lui as apporté de par, ta spontanéité et ta générosité. Francesco, continue à demeurer authentique, toi qui avais préféré refuser une offre des plus alléchantes de la part du Real Madrid pour rester dans le club de ton cœur et la ville de tes racines. Merci,"GRAZIE" ,pour ton capitanat et ton exemplarité teintée d'originalité  Gladiateur oui, mercenaire non.

Article de Jean Guillaume Lozato

La Gazette des Sports de Paris 20

30-05-2017